Tester les méthodologies d’évaluation de point de vue genre en Bulgarie

Étude de cas : Utilisation des GEM pour évaluer l’impact des TIC (Technologies d’Information et Communication) comme vecteur d’information auprès des jeunes
mardi 1er juin 2004
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Contexte

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Méthodologies d’évaluation de point de vue genre

Selon le rapport de l’ITU sur le développement des télécommunications au niveau mondial de 2002, la Bulgarie appartient aux pays dont le revenu moyen est un des plus bas (elle est en deuxième place parmi les plus pauvres sur 4 groupes d’économies de pays du monde). La population de la Bulgarie est de 7,90 millions, avec un PIB en dollars américains de 1’473 par tête et la densité est de 73 personnes par km². La densité en équipements de télécommunication (télédensité) est forte ; en effet la Bulgarie est parvenue à l’augmenter en dépit de la baisse du PIB ces dernières années. Comme d’autres pays dont l’économie de marché est en transition, la Bulgarie a un niveau de développement des télécommunications beaucoup plus élevé que prévue. Les réseaux dans ces pays ont été en grande partie construits à une époque où le PIB nominal par habitant était beaucoup plus élevé qu’actuellement.

Il y a 55 abonnés au téléphone pour 100 habitants et 85% des ménages possèdent un téléphone. En 2000, 92% des demandes d’installation de ligne téléphonique ont été satisfaites. La télédensité globale du pays est de 34%, et dans la capitale, Sofia, elle est encore plus forte : 56%. La téléphonie cellulaire se développe rapidement, tandis qu’en 1995 il n’y avait encore que 21.000 abonnés, en 2001 leur nombre a atteint 1.550.000, le taux de croissance annuel était de 105 %. Les utilisateurs de téléphone cellulaire comptent 19 sur 100 habitants et composent 35% d’abonnés totaux de téléphone. Quant aux tarifs de téléphone, les coûts d’abonnement constituent 0.9% du PIB par habitant. Le prix mensuel d’Internet (30 heures d’utilisation) est d’environ 9,66 dollars américains. Il y a 26.926 hébergeurs, 605.000 utilisateurs pour un parc estimé de 361.000 PC ce qui représente en moyenne 4,4 ordinateurs pour 100 habitants. Environs 52% du personnel de télécommunication sont des femmes (positions et qualifications non spécifiées).

Avant 1989, quand l’économie et le commerce se réalisaient sur le marché commun, artificiellement construit des pays socialistes, la Bulgarie était le producteur et le fournisseur principal du matériel électronique et de communication pour le bloc soviétique. En parallèle à la production, le fonctionnement des instituts de recherche et des programmes technologiques spécialisés au sein des universités était une des priorités de l’état. Ce contexte a fourni les ressources humaines et la technologie nécessaires aux usines produisant des ordinateurs, des pièces d’ordinateur et autres dispositifs d’information et communication. Pendant cette période « glorieuse » du développement des TIC bulgares au sein du bloc soviétique, les femmes représentaient environ 20% des étudiants dans les diverses disciplines enseignés dans les universités en rapport avec les technologies d’information et communication et parmi les spécialistes dans la recherche ou la production.

Depuis la chute du « rideau de fer » et la transition de l’économie planifiée et centralisée à l’économie de marché, sous l’influence de la globalisation, la Bulgarie a perdu sa spécialisation en TIC. Les instituts de recherche et développement ne pouvaient plus être financés, les usines ont fermé et la production a été abandonnée. En conséquence, les milliers d’ingénieurs en électroniques et en technologies de communication, hommes et femmes, ont perdu leurs emplois. Les TIC, en tant que sujet d’études supérieurs, ont perdu leur attractivité pour les jeunes générations car il est devenu difficile de trouver un emploi avec un diplôme en technologie, particulièrement pour les femmes.

Le nombre de filles s’inscrivant dans les études supérieures de technologies de l’information et des télécommunications n’est aujourd’hui pas plus élevé qu’il y a 25 ans et a en fait diminué si on tient compte du système de quota pour les filles – en effet les facultés réservent 40% des places d’admissions par discipline d’enseignement aux filles. La cause du problème n’est pas seulement dans le faible intérêt des filles par rapport à l’éducation technique mais se situe plus profondément. Le rôle principal est tenu par la polarisation sociale par sexe . Actuellement les filles sont découragées des études techniques et la division traditionnelle des sexes prédomine. Il est extrêmement difficile de changer l’installation du rôle des genres dans une situation de chômage élevé et de déclin économique. Le potentiel de la population instruite, le niveau élevé d’éducation des femmes (un nombre significatif d’elles dans des sujets techniques), et la considération des femmes en tant qu’égale dans le monde du travail, dont la Bulgarie a héritée de la propagande politique passée, ne sont pas entièrement utilisés pour faire progresser les relations entre les deux sexes en réalisant une société égalitaire.

Néanmoins, des cours d’informatique ont été introduits dans les lycées. Malheureusement le contenu de ces cours et du programme d’études est très souvent archaïque et non motivant ce qui fait que les élèves ne s’y intéressent pas, même ceux parmi eux qui, en dehors de l’école, s’intéressent beaucoup aux TIC (habituellement garçons).

Historique du projet

À la fin de 2001, Jivka Marinova, tout en menant un projet d’éducation contre la violence, pour l’ONG BGRF, a décidé d’étudier la possibilité d’employer les TIC pour promouvoir les droits de la femme parmi les jeunes. Elle a donc réalisé le projet intitulé « Se servir de la communication pour lutter contre la violence » qui était le premier dans son genre avec une composante TIC.

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One of the winning posters portraying violence against women in the online contest for kids

Le but du projet était de développer un site Web afin de propager les idées et donner accès aux travaux consacrés à l’éradication de la violence contre des femmes parmi les jeunes. L’élément central du site était un concours pour la meilleure affiche et la meilleure nouvelle illustrant la question de la violence contre des femmes. Les adolescents pouvaient soumettre leurs essais/affiches et avaient également la possibilté de voter pour les affiches et les essais des autres enfants. Un dispositif de vote en ligne, facile à utiliser, était mis à disposition. Le site a été présenté aux adolescents (âge 13 - 18) par l’intermédiaire de leurs professeurs dans les écoles choisies à Sofia, la capitale de la Bulgarie ; un grand nombre d’adolescents l’ont également trouvé par eux même en surfant sur la toile.

Le site Web s’adressait principalement aux garçons mais avait aussi des objectifs spécifiques par rapport aux filles. Le but était de viser chaque sexe avec une stratégie adaptée. Avec la présomption que les garçons sont plus familiers et accèdent mieux à l’Internet à la maison, à l’école, dans des clubs et développent plus facilement leur confiance dans les TIC avec leurs pairs, le projet espérait attirer l’attention des garçons sur le sujet de la violence. En présentant le thème par l’intermédiaire de l’Internet et en employant des avancés techniques tel que le vote en ligne, le projet était censé motiver des garçons à participer, leur faire connaître le phénomène de la violence, et développer leur approche des TIC comme outil potentiel de défense des droits de l’homme. Dans le cas des filles, il y avait un objectif supplémentaire, qui était de les motiver à employer les TIC et par la suite, de détruire le mythe selon lequel les TIC seraient uniquement destiné à être utilisé par les hommes, en prouvant que le travail sur Internet peut être effectué par des femmes, pour les femmes sur des sujets concernant les femmes. Enfin, le but général pour tous les deux sexes était d’augmenter leur intérêt pour les questions de la violence contre les femmes, par l’intermédiaire de l’utilisation d’Internet comme élément attractif, et d’atteindre aussi la plus jeune génération.

Utilisation des MEG - Les objectifs de l’évaluation

Le projet a été très réussi et a également suscité de nombreuses et excellentes réactions de la part aussi bien des enfants que des professeurs et des parents. Les gagnants ont été choisis dans les deux catégories, essai et affiche, par le vote en ligne. Deux affiches ont été imprimées, et plus tard employées, dans la Campagne de 16 jours de Mobilisation Contre la Violence à l’Egard des Femmes. Cependant, comme il n’y avait aucune étude statistique mesurant l’utilisation d’Internet par tranche d’age, et par catégorie sociale, le succès réel du projet (nombre total d’adolescents et adultes ayant visité le site) n’a pas pu être évalué objectivement.

Une telle étude n’étant pas réalisée à ce jour en Bulgarie, J.M. a décidé d’employer les MEG sur ce projet, pour évaluer l’impact d’une manière différente. L’objectif principal de l’emploi des MEG était d’évaluer l’efficacité et la possibilité d’utiliser un site Web pour faire des campagnes parmi les jeunes (adolescents lycéen), et par la suite, d’évaluer l’influence de l’utilisation des TIC sur la participation des adolescents aux initiatives des ONG. Le but spécifique, de point de vue genre, était d’évaluer, sur cette base, s’il y a une différence entre filles et garçons. Pour réaliser ces objectifs il était nécessaire d’obtenir plus d’informations sur la façon dont TIC, Internet en particulier, est considéré et utilisé dans cette tranche d’âge de la jeunesse allant dans les écoles de la capitale. Par conséquent, la méthode initiale pour acquérir des données au sujet de l’utilisation d’Internet était un questionnaire.

L’évaluation avait également d’autres objectifs spécifiques (qui ont été réalisés en mettant en œuvre différentes autres méthodes comme : interviewer les professeurs et les éducateurs, réexaminer les programmes d’études et les aspects de genre dans le système scolaire), tels que :

- Évaluation du site Web lui-même - comment son existence a aidé la Campagne de 16 jours de Mobilisation ; comment ses utilisateurs évaluent sa conception, son contenu et divers dispositifs techniques, particulièrement le vote en ligne ; de quelle façon les différentes personnes ont accédé au site Web et pour quelles raisons ; est-ce que l’interactivité du site Web (possibilité de poster des avis) augmente la motivation pour participer à la campagne ; quelle est l’efficacité du forum de discussion, etc.

- Évaluation de l’égalité d’accès et l’utilisation des TIC entre garçons et filles – quelle est l’attitude des filles et des garçons envers les TIC et comment elle s’est construite ; quel est le niveau d’éducation des TIC dans l’école et quel rôle cette éducation joue pour motiver et donner l’opportunité aux filles et garçons d’explorer les TIC.

- Le potentiel de tels projets, basés sur l’utilisation d’ Internet pour augmenter l’équilibre de genre et la perception des TIC parmi la jeune génération.

Évaluation des résultats

Un questionnaire a été employé comme méthode initiale pour acquérir des données au sujet de la façon dont Internet est utilisé par les adolescents (filles et garçons). 300 questionnaires ont été distribués parmi les adolescents. Le nombre de réponses reçues étaient de 220. Les données manquantes sont dues au fait que certains des élèves qui ont initialement participé activement au programme ont quitté l’école, et certains parmi ceux qui ont répondu n’ont pas été inclus dans le projet. Cependant les réponses de cette dernière catégorie ont été utilisées tout de même pour évaluer l’accès différentiel des garçons et des filles aux TIC. Parmi les répondants, 124 étaient des garçons et 96 filles.

Bien que ce qui pourrait sembler déjà une indication pour l’intérêt et la participation, ne l’est pas, car parmi les participants au programme il y avait une école technique fréquentée seulement par des garçons ; le nombre de leurs réponses était 30.

Les résultats principaux de ce scrutin improvisé montrent que les filles sont autant intéressées par les TIC que les garçons. Parmi tous les participants il y en avait seulement 5 qui ont répondu que les TIC sont complètement hors d’intérêt, et ces réponses provenaient de garçons. En même temps, les filles qui ont répondu que les TIC ne sont pas leur priorité sont plus nombreuses que les garçons 3(14 filles / 6 garçons). Pour tous les autres répondants les TIC sont quelque chose de très important.

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Use of Internet

Dans les lycées publics en Bulgarie, les TIC sont inclus dans les programmes d’études et sont enseignés sous la dénomination « informatique ». Par conséquent, tous les répondants feignent d’avoir suivi les cours de formation pour utiliser les ordinateurs. Mais d’après le graphique, l’endroit où les ordinateurs sont employés le moins, est l’école. Seulement 6 garçons feignent d’employer les TIC à l’école et les filles sont 7. L’utilisation à la maison et dans les Internet cafés est comparable (80/80) et la plupart du temps, ce sont les filles qui ont seulement un accès sporadique chez des amis ou ailleurs.

Il est intéressant de noter que l’école est l’endroit où l’utilisation des TIC et spécifiquement d’Internet, est la moins favorisée. De tous les adolescents, seulement 6 ont appris à se servir d’Internet à l’école et parmi eux, seulement une fille. La plupart des enfants se sont familiarisés avec Internet à 40% dans les cybercafés, 31% à la maison, 26% chez des amis et seulement 3% à l’école. Ceux qui vont dans les Internet cafés sont principalement des garçons, mais les filles ont quand même tendance à les visiter. La conclusion, et en même temps le souci, est que l’enseignement à l’école est très formel, basique et ennuyant. Parfois les adolescents sont plus avancés en TIC, que leurs professeurs. Les professeurs en informatique sont principalement des femmes d’un certain âge et malheureusement elles enseignent en suivant les programmes d’études classiques sans essayer de donner au contenu une forme attrayante.

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What do you do when you are in the Internet

Les garçons ont l’habitude d’aller dans les cybercafés où ils « chattent », jouent, recherchent des informations spécifiques ou se socialisent simplement en discutant informatique avec des amis. Les filles utilisent les TIC principalement lorsqu’elles ou leurs parents possèdent un ordinateur à la maison. Elles vérifient principalement leurs e-mails, recherchent l’information nécessaire pour leurs études ou surfent tout simplement sur le net.

A la question « comment passez-vous votre temps libre », moins du 1/3 des garçons répondent que les TIC sont leur préoccupation principale. La même proportion dit s’intéresser aux sports et sortir avec des amis. Chez les filles celles qui sont intéressés par les TIC sont 3 fois moins nombreuses que des garçons, mais celles qui sortent avec des amis sont deux fois plus nombreuses que les garçons. Pour cette tranche d’âge, les TIC ne sont pas l’occupation préféré pour les temps libres.

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What is your main occupation in the free time

Parmi tous les répondants seulement 8% (14 garçons et 4 filles) étaient un peu plus avancés dans l’utilisation des ordinateurs et d’Internet – par exemple créer une page Web pour eux ou pour leurs amis. Cependant, il est à noter que les élèves qui ont participé à l’enquête étaient âgés de 16 à 18 ans. C’est le deuxième cycle des études en lycée durant lequel ils choisissent pratiquement leurs études futures et leur développement professionnel.

Pour ce qui concerne l’accessibilité des services, une divergence a été trouvée. La connexion par câble à Internet n’est toujours pas accessible à tout le monde. Le câble reste un service cher, accessible dans certains quartiers seulement. Pour ceux qui ont Internet à la maison, la connexion la plus commune reste le modem 56 k. Le prix de ce type de connexion est raisonnable, mais le coût d’impulsions téléphoniques est extrêmement élevé ; ceci provoque une limitation sérieuse à la diffusion de l’utilisation d’Internet. L’accès aux cybercafés est, quant à lui, bon marché, mais ce sont principalement les garçons qui l’utilisent.

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Frequency of use of ICTs

Cette enquête à partir de questionnaires simples a démontré que parmi les adolescents existent des différences basiques liées au genre, dans la perception et l’utilisation d’Internet. L’endroit le plus accessible et préféré pour accéder à Internet sont les cybercafés. En parallèle, les cybercafés sont aussi des endroits dans lesquels les garçons créent et participent à une vie sociale tout en dépensant leur argent de poche. Les garçons sont intéressés par les jeux, les logiciels, le hardware et le web-design alors que les filles préfèrent utiliser l’ordinateur personnel où elles vérifient leurs e-mails et recherchent des informations spécifiques requises pour l’école. Sachant que les filles et les garçons sont intéressés par les technologies modernes, on peut supposer que les filles les exploreraient davantage si l’environnement était plus ouvert et accueillant pour elles. Si elles reçoivent plus de signes de motivation, peut-être sous la forme de campagnes des ONG dirigés par des femmes ou par des femmes qui emploient Internet de façon avancée, les filles nous étonneront probablement par leur intérêt accru dans les TIC.

Recommandations

Cette étude a démontré qu’Internet offre des possibilités intéressantes en tant qu’outil efficace pour attirer l’attention des jeunes sur les problèmes sociaux telles que la violence à l’égard des femmes, et leurs participations aux campagnes. Le média que représente Internet n’est pas bien présentée dans les écoles mais l’intérêt est là et les jeunes, particulièrement garçons, trouvent d’autres moyens d’y accéder et d’apprendre. Il apparaît qu’Internet est probablement un outil très efficace pour atteindre la plus jeune génération - les élèves sont souvent plus avancés que leurs professeurs et parents. Cependant, pour valider cette théorie, des données sur l’utilisation parmi les différentes tranches d’âge seraient nécessaires.

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Public Internet club full of young boys playing games and browsing the web during the summer holidays in the town of Sandanski, in the south of Bulgaria.
(August 2003, photo by Lenka Simerska)

En outre, il est douteux de déclarer que les filles arrivent à surpasser leurs mères en employant les TIC. Comme il a été dit précédemment, en Bulgarie, comme dans la plupart des pays de l’ancien bloc soviétique, les femmes ont été présentes sur le marché du travail depuis quatre générations. Cependant cette présence leur a été imposée par la propagande communiste, elle ne provient pas d’un désir exprimé par les femmes elles mêmes ou le résultat de la puissance des mouvements féminins (comme dans la plupart des économies occidentales). D’ailleurs, malgré leur engagement dans la vie active à plein temps, on leur a laissé les obligations domestiques et familiales, tout en les déclarant officiellement égales aux hommes. En conséquence, les femmes ont pénétré toutes les strates de l’économie et de l’éducation (cependant elles sont restées minoritaires dans certaines), le secteur technologique y compris. Il est probable que dans beaucoup de cas des femmes travaillant dans les secteurs technologiques ou utilisant les technologies pour leur travail, la continuité de leur avancement technique dans les TIC ait été interrompue par les changements politiques et économiques survenues après 1989. À cet égard, les femmes ont dû faire face à un ensemble d’obstacles dans les années 90 : l’économie s’est effondrée et, pendant le processus de privatisation beaucoup d’emplois ont été supprimés et les professionnels n’étaient plus nécessaires. Le chômage a augmenté rapidement et beaucoup de femmes ont été rejetées en postulant pour des emplois en concurrence avec des candidats masculins. La technologie n’était pas compatible avec celle employée par des économies développées et une mise à jour étendue a été nécessaire dans tous les secteurs industriels et sociaux. Alors que tout ceci se produisait, le boom des TIC a commencée au niveau mondial, de nouvelles façons de communiquer se propageaient grâce à Internet. Les femmes ne pouvaient simplement pas suivre ce changement rapide étant donné les conditions de vie des années 90, particulièrement pour celles qui devaient se contenter d’emplois ne correspondant pas à leur qualification et éducation, ou celles qui ont été laissées en dehors du marché du travail en travaillant au noir ou en essayant de survivre en faisant de la production domestique. Mais tenant compte de leur expérience professionnelle passée, toutes ces catégories de femmes possèdent certainement le potentiel de rattraper le temps perdu, si des conditions appropriées sont fournies.

Néanmoins, la Bulgarie possède un potentiel intrinsèque important de TIC, tenant compte de sa télédensité, de l’expérience, des qualifications existantes depuis l’époque précédant 1989 et de sa jeunesse progressive. Quant au gender gap et aux possibilités des filles d’exploiter les TIC d’une manière égalitaire avec les garçons, il est fortement recommandé que les ONG féminines acquièrent l’information et la connaissance des TIC afin d’améliorer leurs propres travaux, atteindre le public et motiver les filles à « participer au jeu ». Beaucoup d’ONG féminines craignent toujours la technologie et préfèrent employer de vieilles méthodes de communication et de production d’information.

En dernier lieu, les informations acquises impliquent une recommandation pour les écoles. Le projet « Se servir de la communication pour lutter contre la violence » ainsi que son évaluation d’après les MEG, ont prouvé que les écoles devaient devenir beaucoup plus actives en fournissant des moyens modernes à ses étudiants d’employer les TIC. Les méthodes d’enseignement et le contenu des cours ne doivent pas être biaisées par le genre. Les jeunes ont besoin de conseils pour pouvoir, par la suite, développer leur intérêt et créativité personnelle. Cela ne se produit probablement pas seulement en jouant sans but à des jeux dans un cybercafé ou en chattant en ligne avec un ami. L’école devrait fournir à ses élèves des connaissances et qualifications qui pourraient plus tard être utiles sur le marché du travail. L’école devrait aussi fournir des directions dans l’éducation des TIC qui contribueront aux développement économique du pays.

Le rapport final d’évaluation des MEG peut être trouvé à www.apcwomen.org/gem dans la section pour expérimentateurs des MEG de l’Europe Centrale et Orientale.